COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIKES

DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES.

COMPTES RENDUS

HEBDOMAD AIRES

DES SEANCES

DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

PUBLIKS,

CONFORMEMENT A UNE DECISION DE L'ACADEMIE

£» Dctt* Da *3 5u^et 4835,

PAR MM. LES SECRETAIRES PERPETUELS

TOME CE1YT-QUATRIEME

JANVIER JUIN 1887.

V \0*

\&7

PA-RIS,

GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE

DES COMPTES RENDUS DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENI SDCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER. Ouai dcs Angostnu, 55.

1887

ETAT DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

SCIENCES MATHEMATIQUES.

Section Ire. Geometrie.

Hermite (Charles) (c. #). Bonnet (Pierre-Ossian) (o. #). JORDAN (Marie-Ennemond-Camille) *. DARBOUX (Jean-Gaston) *. Halphen (Georges-Henri) *. N

Section II. ~ MScanique. Phillips (Edouard) (o. ft).' Resal (Henry-Ame) (o. *). Levy (Maurice) (o. *). BOUSSINESQ (Valentin-Joseph) *. Deprez (Marcel) (o. #). SARRAU (Jacqnes-Rose-Ferdinand-Euiile) (O. *).

Section III. Astronomie. Faye (Herve-Auguste-Etienne-Albans) (c. »')* JANSSEN (Pierre-Jules-Cesar) (o. *). Lcewy (Maurice) (o. *).

MOUCHEZ (Contre-AmiralErnest-Amedee-Barthelemy) (C. *). TISSERAND (Francois-Felix) *. Wolf (Charles-Joseph-Etienne) *.

Section IV. Geographic el Navigation, Paris (Vice-Amiral Francois-Edmond) (g. c. *). Jurien DE LA GRAVIERE (Vice-Amiral Jean-Pierre-Edmond) (G. c. *). Abbadie ( 'Antoi ne-Thompson D*) *. PERRIER (Colonel Francois; (c. #). Bouquet de la Grye (Jean-Jacqnes-Anatole) (o. *). Grandidier (Alfred) #.

ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES. Section V. Physique generate.

Messieurs :

FlZEAU ( Armand-Hippolyte-Louis) (O. # j. BECQUEREL (Alexandre-Edmond) (c. *). BERTHELOT (Marcelin-Pierre-Eugene) (c. ft-). Cornu (Marie- Alfred) *. MASCART (Eleuthere-Elie-Nicolas) (o. #). Lifpmann (Gabriel) *.

SCIENCES PHYSIQUES.

Section VI. Chimie.

CHEVREUL (Michel-Eugene) (g. C. *).

FREMY (Edmond) (c ft).

CAHOURS (Auguste- Andre-Thomas) (c ft).

Debray (Jules-Henri) (o. ft).

Friedel (Charles) ft.

Tro6st (Louis-Joseph) ft.

Section VII. Mineralogie.

DAUBREE (Gabriel-Auguste) (g. o. ft).

Pasteur (Louis) (g. c. ft).

DES Cloizeaux (Alfred-Louis-Olivier J^EGRAND)

Hebert (Edmond) (o. ft).

Fouque (Ferdinand-Andre) ft.

GAUDRY (Jean-Albert) ft.

Section VIII. Botanique.

Duchartre (Pierre-Etienne-Simon) (o. ft).

Naudin (Charles-Victor) *.

Trecul ( Auguste-Adolphe-Lueien).

Chatix ( Gaspard-Adolphe) (O. ft).

Vax Tieghem (Philippe-Edouard-Leon) ft.

Bornet (Jean-Baptiste-Edouard) ft.

ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES.

Section IX. ficonomie rurale.

Messieurs :

BOUSSINGAULT (Jean-Baptiste-Joseph-Dieudonne ) (G.

Peligot (Eugene-Melchior) (g.

MANGON (Charles-Francois-Herve) (c. t> ■).

SCHLCESING (Jean-Jacques-Theo|)IiiIe) (o. >.

Reiset (Jules) (o. #).

Chauveai; (Jean-Baptisto-Augusic) (o. #).

Section X. Anatomie et Zoologie,

QUATREFAGES DE BREAl '( Jean-Louis-Armand DE ) (t. fe)1. BLANCHARD (Charles-Eimle) (o. #). Lacaze-Dutiiiers (Felix-Jose-pIi-Henri de) (o. #). Edwards (Alphonse-MiLNE) (o. *). SAPPEY (Phibert-Constant) (o. ft). N

Section XI. Medecine et Chirurgie.

GOSSELIN (Athanase-Leon) (c. ft). Marey (Etienne- Jules) (o ft). Richet (Didier-Dominique-Alfred) (c. ft). Charcot (Jean-Martin) (o. *). BROWN-SEQUARD (Charles-Edouard) ft. N

SECRETAIRES PERPE f I ELS

Bkrtraxd (Joseph-Louis-Franc, ois) (c. ft), pour les Science

mathematiques. VULPIAN (Elme-Felix-Alfred) (o. ft), pour les Sciences physiqi.

ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES.

ACADEMICIEIXS LIBRES.

Messieurs :

Larrey (le Baron Felix-Hippolyte) (g. o. *).

COSSON (Ernest-Saint-Charles) o. fc.

Lesseps (Ferdinand-Marie DE) (g. c. #■).

FATE (General Idelphonse) (g. O. ).

Damour (Augustin-Alexis) (o. #).

Lalanne (Leon-Louis Chretien-) (g. o. &).

Freycinet (Charles-Louis de Saulces de) (o. *).

Hatonde la Goupilliere (Julien-Napoleon) #.

JONQUIERES (Vice-Amiral Jean-Philippe-Ernest DE FAUQUE de)

(g. o. #). CAILLETET (Louis-Paid) &.

ASSOCIES ETRANGERS.

Owen (Sir Richard) (o. #), a Londres.

KUMMER (Ernest-Edouard), a Berlin.

Airy (Sir George-Biddell) #, a Greenwich.

Tchebicheff (Pafnutij), a Saint-Petersbourg.

CANDOLLE (Alphonse de) #, a Geneve.

S. M. Dom Pedro d' Alcantara (g. c. &), Empereur du BresiL

Thomson (Sir William) (c. *), a Glascow.

BUNSEN (Robert-Wilhehn-Eberhaid) (o. #), a Heidelberg.

€0RRESP01VDANTS.

- Le reglement du 6 juin 1808 donne k chaque Section le noi

SCIENCES MATHEMATIQUES.

Section Te. Geomttrie (6). Neumann (Franz-Ernest), a Kcenigsberg. Sylvester (James-Joseph), a Baltimore. Weierstrass (Charles) *, a Berlin. Kronecker (Leopold) *, a Berlin. BRIOSCHi (Francois), a Milan. Salmon (George), a Dublin.

ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES.

Section II. Mecanique (6).

CLAUSIUS (Julius-Emmanuel-Rudolph) (o. *), a Bonn.

Caligny (Anatole-Francois Hue, Marquis de) #, a Versailles.

BROCH (Ole-Jacob) (o. *), a Christiania.

BoiLEAU (Pierre-Prosper) (o. #), a Versailles.

COLLADON (Jean-Daniel) #, a Geneve.

DAUSSE (Marie-Francois-Benjamin) *, a Grenoble.

Section III. Aslronomie (16).

HiND (John-Russell), a Londres.

ADAMS (J.-C), a Cambridge.

Gayley (Arthur), a Londres.

STRUVE (Otto-Wilhelm) (c. #), a Pulkova.

Lockyer (Joseph-Norman), a Londres.

Huggins (William), a J^ondres.

Newcomb (Simon), a Washington.

Stephan (Jean-Marie-Edouard), #, a Marseille.

HALL (Asaph), a Washington.

Gylden (Jean-Auguste-Hugo) #, a Stockholm.

Schiaparelli (Jean-Virginius), a Milan.

De LA Rue (Warren), (c. #), a Londres.

Gould (Benjamin-Apthorp), a Cordoba.

Wolf (Rudolf), a Zurich.

Section IV. Geographic el Navigation (8).

TCHIHATCHEF (Pierre-Alexandre de) (c. *), a Saint-Petersbourg. Richards ( Contre-Amiral George-Henry), a Londres. David (Abbe Vrmand), missionnaire en Chine. LEDIEU (Alfred-Constant-Hector) (o. *), a Versailles. Nordenskiold (Nils-Adolf-Erik Baron) (c. *), a Stockholm. Ibanez de Ibero (General Charles) (g. O. *), a Madrid. Pissis (Pierre-Joseph- Vim«; | , ;i Santiago. N

ACADEMIE DES SCIENCES.

Section V. Physique generate (9).

Messieurs :

Weber (Wilhelm), a Gottingue.

Hirn (Gustave-Adolphe), a Colmar.

Helmholtz (Hermann-Louis-Ferdinand) (c. &-), a]

RiRCHHOFF (Gustave-Robert) (c. #), a Heidelberg.

JOULE (James-Prescott), a Manchester.

Stokes (George-Gabriel), a Cambridge.

Abria (Jeremie-Joseph-Benoit) (o. &), a Bordeaux.

Terquem (Alfred) #, a Lille.

CROVA (Andre-Prosper-Paul) *, a Montpellier.

SCIENCES PHYSIQUES.

Section VI. Chimie (9).

HOFMANN (Aug uste- Wilhelm), a Berlin.

MARIGNAC (Jean-Charles Galissard de ), a Geneve.

Frankland (Edward), aLondres.

Williamson (Alexander-William), a Londres.

Lecoq de Boisbaudran (Paul-Emile dit Francois) &, a Cognac.

Chancel (Gustave-Charles-Bonaventure) W, a Montpellier.

Stas (Jean-Servais) *, a Bruxelles.

REBOUL (Pierre-Edmond) &, a Marseille.

BAEYER (Adolf de), a Munich.

Section VII. Mineralogie (8).

Kokscharow (General Nicolas de), a Saint-Petersbourg.

STUDER (Bernard) *, a Berne.

Lory (Charles) *, a Grenoble.

Favre (Jean-Alphonse), a Geneve.

Hall (James), a Albany.

PRESTWICH (Joseph), a Oxford.

GOSSELET (Jules-Auguste-Alexandre) #, a Lille.

N

ETAT DE L ACADEMIE DES SCIENCES.

Section VIII. Botanique (10).

Hooker (Jos. Dalton), a Kew.

Pringsheim (Nathanael), a Berlin.

PLANCHON (Jules-Emile) #, a Montpellier.

SAPORTA (Louis-Charles-Joseph-Gaston, Comte de)

Gray (Asa), a Cambridge (Massachussets).

Clos (Dominique), a Toulouse.

SiRODOT (Simon) #, aRennes.

Grand'Eury (Francois-Cyrille) #, a Saint-Etienne.

AGARDH (Jacob-Georg), a Lund.

Section IX. Economie rurale (10). Martins (Charles-Frederic) (o. *), a Montpellier. Mares (Henri-Pierre-Louis) &, a Montpellier. La wes (John-Bennet), a Rothamsted, Saint- Albans station (Her-

fortshire). Gasparin (Paul-Joseph de) #, a Orange. Demontzey (Gabriel-Louis-Prosper) #, a Aix. Gilbert (Joseph-Henry), a Rothamsted, Saint-Albans station (Her-

fortshire). CORVO (Joao DE ANDRADE) (g. C. *), a Lisbonne. Lechartier (Georges-Vital), a Rennes.

N

N

Section X. Anatomie et Zoologie (10). BENEDEN (Pierre-Joseph VAN) (o. *), a Louvain. SiEBOLD (Charles-Theodore-Ernest DE), a Munich. LOVEN (Svenon-Louis), a Stockholm. STEENSTRUP (Japetus), aCopenhague. Dana ( James-Dwight), a \ew-Haven. Huxley (Thomas-Henry), a Londres.

ETAT DE L'ACADEMIE DES SCIENCES.

Section XI. Medecine et Chirurgie (8).

ViRCHOW (Rudolph DE), a Berlin.

OLLIER (Louis-Xavier-Edouard-Leopold) (o. #), a Lyon. THOLOZAN (Joseph-Desire) (o. &), a Teheran. Donders (Francois-Corneille), a Utrecht. PALASCIANO (Ferdinand-Antoine-Leopold), a Naples. Hannover (Adolphe), a Copenhague. PAGET (sir James), a Londres. N

Commission pour administrer les proprietes et fonds particuhers de I' Academic Becquerel. Fremy. Et les Membres composant le Bureau.

Changements survenus dans le cours de Vannee li (Voir a la page 16 de ce Volume.)

COMPTES RENDUS

DES SEANCES

DE L'ACADEMIE DES SCIENCES.

SEANCE DU LUNDI 5 JANVIER 1887,

PRESIDENCE DE M. GOSSELIN.

REJYOIJVELLEMENT ANNUEL

DU BUREAU ET DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE.

L'Academie procede, par la voie du scrutin, a la nomination d'un Vice- President pour 1887, lequel doit etre choisi, cette annee, dans Tunedes Sections de Sciences mathematiques.

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants etant "><H,

M. Jansscn ol)tient 44 suffrages

M. Phillips » 9

M. Lcewy » 3

II v a deux bulletins blancs.

M. Jaxssex, avant reuni la majorite absoliie des suffrages, est proclaine Vice-President pour 1'annee 1887.

( '4)

L'Academie procede, par la voie (hi scrutin, a la nomination de deux de ses Membres qui devront faire partie, en 1887, de la Commission centrale administrative.

MM. Fremy et Edm. Becquerel reunissent la majorite des suffrages.

Conformement au Reglement, le President sortant de fonctions doit, avant de quitter le Bureau, faire connaitre l'etat ou se trouve l'impression des Recueils que l'Academie publie et les changements survenus parmi les Membres et les Correspondants de l'Academie pendant le cours de l'annee.

M. l'Amiral Jurien de la Graviere donne a cet egard les renseignements suivants :

JEtat de I impression des Recueils de V Academie au \et Janvier 1 887.

Volumes publies. Comptes rendus des seances de l'Academie. Le Tome C (ier sv- mestre i885) et le Tome CI (2e semestre i885) ont paru avec leur Table.

Les numeros de l'annee 1886 ont ete mis en distribution avec la regu- larity habituelle.

Volumes en coins de publication.

Me'moires de V Academie. Le Tome XLIII est reserve au Memoire de

M. Yvon Villarceau sur l'etablissement des arches de pont. 35 feuilles sont

tiroes, 17 pour le texte et 18 pour les Tables. L'impression est momenta-

Le Tome MTV renferme trois Memoires de M. Becquerel sur la tempe- ras lire de lair a la surface du sol et sous la terre, jusqu'a 36ra de profon- deur. Cos trois Memoires forment i5 feuilles tirees.

Viennent ensuite : le Memoire de M. l'Amiral de Jonquieres, intitule : « Theorie elcmentaire, d'apres les methodes de Poinsot, du mouvement de la toupie, etc., » qui forme f\ feuilles tirees, et le Memoire de M. deSaint-

( -5) Yenant « Sur la resistance des fluidea », clout 19 placards sont bons a mettre en pages.

La composition continue. -

Memoires presented par divers Savants. Le Tome XXIX renferme trois Memoires formant 58 feuilles tirees. Ges Memoires sont ceux do MM. H.-J.-S. Smith et Minkowski, « Sur la representation des nombres par des sommes de cinq carres », et celui de M. Appell, intitule : k Deblais et remblais des systemes continus ou discontinus.

L'imprimerie a epiiise sa copie.

Changements survenus par mi les Membres dcpuis le ier Janvier 1886.

Membres decedes.

Section de Geometrie : M. Laguerre, decede le 14 aout. Section de Mecanique : M. de Saint- Vex ant, decede le 6 Janvier. Section de Medecine et Chirurgie : M. Bert, decede le 1 1 novembre. Secretaire per petuel : M. Jamix, decede le 12 fevrier.

Membres elus.

Section de Geometrie: M. Halphex, le i5 mars, en remplacement de M. Bouquet, decede.

Section de Mecanique : M. Boussixesq, le 18 Janvier, en remplacement de M. Holland, decede; M. Deprez, le ier mars, en remplacement de M. Tresca, decede; M. Sarrau, le 24 mai, en remplacement de M. de Saint-Venant, decede.

Section de Physique : M. Lippmaxx, le 8 fevrier, en remplacement de M. Desains, decede.

Section d'Economie rurale : M. Chauveau, le irjavril, eu remplacement de M. Bouley, decede.

Section de Botanique : M. Borxet, le 10 mai, en remplacement de M. Tu- fas no, decede.

Section de Medecine et Chirurgie: M. Brown- Sequard, le 21 juin, en rem- placement de M. Vulpian, elu Secretaire perpetuel.

cretairc pcrpctucl M. Vui

Section de Geometric : M. Laglerre, dccede le i4 aout.

Section d' Anatomie et Zoologie : M. Cii. Robin, decede le 6 octobre.

Section de Medecine et Chirurgie : M. Bert, dccede le 1 1 novembre.

igc incuts siirvenus panni les Correspondants (lepuis le icr Janvier 1886.

Section d"dstronomie : M. VOppolzer, aTienne, decede le 26 decembre. Section de Physique : M. Lallemand, a Poitiers, decede le iG mars. Section de Mineralogie : M. Abioi, a Vienne, decede le icv juillet. Section d' Economic rurale : M. deYergxette-Lamotte, a Beaune, decede le 28 mai.

Correspondant elu membre titulalre. Section de Medecine et Chirurgie : M. Chauveau, a Lyon, elu membre titu- laire le 19 avril.

Correspondants elus.

Section de Geographie et Navigation : M. Pissis, a Santiago, le 16 juin, en remplacement de M. l'amiral Lutke, decede.

Section de Physique : M. Terquem, a Lille, le 24 mai, en remplacement de M. Plateau, decede; \I. Crova, a Montpellier, le 3i mai, en rempla- cement de M. I.allemand, decede.

Section de Chimie : M. Reboul, a Marseille, le 25 Janvier, en remplace- ment de \1. Bunsen, elu Associe etranger ; M. de Baeyer, a Munich, le 3 mai, en remplacement de M. Dessaignes, decede.

Section d* Astronomic : M. Roche, a Montpellier, decede le 18 avril i883; M. d'Oppolzer, a Vienne, decede le 26 decembre 1886.

Section de Geographic et Navigation : M. le general Sabine, a Londres, decede I e 26 juin i883.

( '7)

Section de Mineralogie : M. Abich, a Vienne, decede le ier juillet 1886.

Section de Botanique : M. Boissier, a Geneve, decede le 25 septembre i885.

Section d Economic rurale : M. Beiset, a Ecorcheboeuf, elu membre ti- tulaire, le 22 decembre i88/j; M. de Vergvette-Lamotte, a Beaune, decede le 28 mai 1886.

Section d Anatomie et Zoologie : M . Brandt, a Saint-Petersbourg, de- cede le i5 juillet 1879; M. Mulsaxt, a Lyon, decede le 4 novembre 1880; M. Joly, a Toulouse, decede le 17 octobre 1 885 ; M. Carpenter, a Lon- dres, decede le 10 novembre i885.

Section de Medecine et Chirurgie : M. Ciiauveau, elu membre titulaire, le 19 avril 1886.

M. Famiral Juries de la Gravtere, en quittant le Bureau, rend hom- mage alaconfraternite academique qui dictait a M. Paul Bert les dernieres lignes que sa main ait peut-etre tracees (]).

II remercie l'Academie de la bienveillance qui lui a valu l'honneur de presider une assemblee an sein de laquelle il se croyait a peine digne d'etre admis.

« Vous comprendrez, Messieurs, ajoute M. le President, que j'eprouve une certaine satisfaction a songer que j'ai reussi a conduire mon vaisseau a bon port. Vous me direz peut-etre qu'avec les deux excellents pilotes que vous m'aviez donnes la chose n'etait pas bien difficile. Je n'en disconviens pas. J'ai done un double remerciement a vous adresser : Je vous remercie d'abord de m'avoir confie une tache que je considere comme infiniment glorieuse. Je vous remercie ensuite do me I'avoir rendue aussi facile. »

MEMOIRES ET COMMUNICATIONS

DES MEMBRES ET DES GORRESPONDANTS DE L'ACADEMIE.

M. leMixisTRE de i/IxsTRir/riox plrlique et des Beaux- Arts transmeta Uademie rampliation du Decret par lequel le President de la Repu-

( i8) blique approuve Felection de M. Sappey, dans la Section d'Anatomie et Zoologie, en remplacement de feu M. Henri-Milne Edwards.

11 est donne lecture de ce Decret.

Sur rinvitation de M. le President, M. Sappey prend place parmi ses Confreres.

ASTRONOMIE. Nouvelle methode pour la determination de la eonstante de V aberration; par M. Loewy.

k L'effet de l'aberration a ete constate pour la premiere fois, vers 1725, par Bradley, qui, en recherchant la parallaxe de Fetoile y Dragon, decou- vrit des variations periodiques dans la distance zenithale qu'aueune cause physique connue jusqu'alors ne pouvait expliquer. Quelques annees plus tard, cet illustre astronome eut encore le merite de donner la raison de ce phenomene optique particulier, provoque par le mouvement incessant de robservateur. En effet, la vitesse avec laquelle la Terre circule autour du Soleil etant comparable a celle de la lumiere, il en re suite pour Fceil un deplacement du faisceau lumineux emanant d'une etoile, et, des lors, Fob- servateur ne percoit plus 1'astre a l'endroit que celui-ci occupe reellement dans l'espace, mais son image se trouve legerement device dans le sens du mouvement du globe terrestre.

» L'etude de l'aberration est, a un double point de vue, d'une importance fondamentale en Astronomie : pour reconnaitre la veritable position d'un astre, il faut, et cela est d'une necessite absolue, affranchir Fobser- vation de Ferreur d'aberration ; 20 la connaissance de la eonstante de l'aberration fournit un moyen tres precieux de deduire la parallaxe solaire par une methode differente de celle dont on fait ordinairement usage. Combine avec la vitesse de la lumiere, cet element fournit le rapport qui existe entre le rayon equatorial de la Terre et le grand axe de l'orbite decrit autour du Soleil. Grace aux determinations si precises de la vitesse de la lumiere, effectuees par MM. Fizeau, Foucault, Cornu, Michelson et New- comb, la recherche de la parallaxe solaire par ce dernier procede est devenue a notre epoque, non pas seulement realisable, mais d'une extreme importance. C'est en envisageant la question a ce point de vue que notre Confrere M. Faye, dans une seance du Bureau des Longitudes, a bien voulu attirer raon attention sur la solution de ce probleme.

» Les neuf determinations les plus recentes de la eonstante de l'aber- ration ont toutes ete realisees a Pulkova, au moyen de trois instruments : le cercle vertical, la lunette meridienne et Finstrument des passages an

( i9) premier vertical. M. Nyren, qui a publie les dernieres recherches sur cette matiere, est arrive a cette conclusion qu'aucune des methodes mises en pratique ne peut fournir une valeur exempte d'erreur systematique.

» L' evaluation de la constante de Faberration est en effet l'un des pro- blemes les plus complexes dont la solution s'impose a l'Astronomie de haute precision. On se trouve dans cette recherche en presence dc ton les les erreurs possibles qui peuvent alterer une observation astronomique, telles que, par exemple, erreurs accidentelles des observations, erreurs accidentelles et systematiques des constantes instrumentales, erreurs des pendules ou de Fequation personnelle, auxquelles il f'aut encore ajouler les incertitudes tenant aux elements de la reduction et provenant notam- ment de la precession et de la nutation, elements dont la connaissanee rigoureuse est necessaire, on le comprend facilement, pour obtenir la quantite cherchee a o",oi ou o',02 pres. Dans F etude de Faberration, interviennent enfin les parallaxes et les mouvements propres des etoiles utilisees, dont on ne connait pas la valeur dans le plus grand nombre des cas; on est done oblige de negliger le plus souvent Finfluence de ces elements. La nouvelle methode, dont j'ai l'honneur de faire con- naitre le principe aujourd'hui, permet d'eviter toutes les difficultes que je wens d'indiquer. Elle est entierement independante du cortege si varie des erreurs accidentelles et systematiques tenant a Finstrument; elle supprime Feffet de la precession et de la nutation et permet de tenir rigoureusement compte des mouvements propres des etoiles, sans qu'on soit oblige de se con tenter de leurs valeurs approchees tirces des Cata- logues ; elle rend, en outre, insensible Feffet parallactique des etoiles et elle offre encore cet avantage d'eviter les nombreuses experiences neces- saires a la recherche des constantes instrumentales et rend superfine la grande quantite de calculs relatifs a la reduction, travaux supplenientanvs qui sontbien plus considerables que le travail reclame par les observations elles-memes. Ge procede nouveau presente enftn, au point de vue de ^'exe- cution pratique, une grande facilite de travail; les observations de jour, si difficiles a realiser el qui sont indispensables dans raneienne methode, peuvent etre entierement ecartecs. Au lieu de reposer, comine la methode ordinaire, sur la comparaison des positions absolties dv^ etoiles, ce qui fait naitre tous les inconvenients signales, la nouvelle methode est fondee sur des mesures differentielles, c'est-a-dire sur des operations qui permettent seules d'atteindrela plus haute precision. Son principe est base sur Fobserva- '" >n < I e la distance de deux astresal'aided'un double miroirta i lie sur un meme bloc de verre et place en avant de Fobjectif. Au moyen des deux surfaces ar- images des deui ittttesappartenanta deux regions differentes

( 20 )

du ciel apparaissent, dans le champ de la lunette, a cute l'une de l'autre; onmesure ensuite leur faible distance angulaire dans une direction connue. » Commejel'ai demontre dans mes Communications precedentes sur la refraction, la mesure ainsi effectuee est independante des petits deplace- ments du double miroir lui-meme et des erreurs instrumentales qui n'in- terviennent meme pas ici. Pour obtenir L' aberration, on est oblige natu- rellement d'observer le couple d'etoiles a des epoques successives, et Ton compare ensuite les resultats deux a deux en se conformant, pour le ch@ix des epoques et pour leur combinaison, aux prescriptions de latheorie, qui seront exposees plus tard. On fait la premiere observation au moment oil les deux astres se trouvent a une egale hauteur au-dessus de l'horizon, a la hauteur de 45° par exemple, etlaseconde, ulterieurement, dans les memes conditions. La difference des mesures fera connaitre une valeur multiple de l'aberration, independante des erreurs instrumentales. Mais il est encore evident que ni la precession, nila nutation ne peuvent avoir d'influence sur 1' observation ainsi executee; en effet, ni le faible balancement de l'axe du monde, ni les emplacements de Fechptique de Fequateur ne peuvent inter- venir dans la mesure de Fare reliant les deux astres. & evaluation de la dis- tance presente en outre ce grand avantage, que Taction de l'aberration s'y accuse d'une maniere beaucoup plus considerable que dans la methode ordinaire. En utilisant uu double miroir d'un angle de 45°, onobtient deja, apres trois mois, pour deux etoiles zodiacales, une variation dans la distance egale a deux fois la valeur de la constante de l'aberration et, apres six mois environ, trois fois la valeur de cette meme quantite. Avec uu angle de prisme plus grand, on arriverait a des changements bien plus notables. Dans la methode ordinaire, la difference maxima n'est que le double de la valeur dclaconstantc.

» La methode serait tout a fait rigoureuse si Ton pouvait considerer le miroir comme Un compas constant et independant de la temperature. Bien i[ue cette Inpothese soit presque cerlaine, on pourrait cependant la con- tester a prion , malgre la forme symetrique du double miroir; il faut douc indiquer un procede cjui pennette de mesurer avec rigueur ce faible chan- gement, s'il e\iste, on bien fa ire connaitre une methode d'observation qui en soil exempte. \ousa\ons resolu le probleme a ce double point devue: il en resulte deux modes de determination tres precis, dontle second est theo- riquement (rune rigueur absolue. Nous allons les exposer successivement. » .le demon trerai ulterieurement qu'il existe un nombre infini de couples d'etoiles, pour lesquelles l'effet de l'aberration sur la distance reste Qui pendant toule 1'annee; cette condition particuliere arrivera toujours potirdenx etoiles donl la latitude est la meme et dont les longitudes dif-

( 21 )

ferent de 1800. En observant n'importe quel couple semblable d'etoiles, chaque jour, a l'instant on les deux astres se trouvent a egale hauteur, on devra toujours trouver la meme valeur pour la grandeur de Tare ainsi me- sure; ni erreurs instrumentales, ni aberration, ni precession, ni nutation n'interviennent ici. La distance ne devrait par consequent jamais varicr. On aura ainsi la faculte de pouvoir constater et mesurer le faible ehan- gement de Tangle du miroir produit par la variation de la temperature.

» Le premier procede d'nbservation consiste done dans Tobservation de deux couples d'etoiles dont run fournit deja, au bout de deux on Irois mois, le double de la constanle de ['aberration et T autre, au contraire, completemcut independant de l'aberration, fera connaitrc, pour en lenir compte, Teffet de la temperature sur le double miroir.

» La refraction n'intervient pas ici avec sa valeur absolue; si l'etat de {'atmosphere restait le meme pendant toute la periode trimestrielle consi- deree, la refraction n'exercerait aucune influence; mais, comme cette con- dition nc se presente jamais, il faut appliquer a la mesure la correction provenant uniquement de la variation de la temperature et du barometre. Cette correction ne depasse pas la valeur de quelques sccondes d'arc; car on observe les deux etoiles a toutes les epoques, au moment on elles se trouvent a egale distance zenithale, e'est-a-dire a l'instant oil Taction de la refraction est un minimum. D'ailleurs, si pour cette rectification on ne veut pas faire usage des valeurs empruntees aux Tables de refraction, on peut les obtenir directement par Tobservation d'un de ces arcsmentionnes ci-dessus qui echappent a Tinfluence de l'aberration. Toutefois, ce mode d 'operation ne peut etre utilise avec avantage que pour les lieux de la Terre situes sous une altitude numeriquement plus forte que 200 environ.

» Avant d'exposer la methode generate, qui, au point de vue theorique, possede une rigueur absolue, parce qu'cllc ne necessite i'application d'au- cune correction, je veux encore indiquer un second procede semblable au premier, mais applicable a tous les points du globe et dans lequel on de- termine™, egalement a part, Teffetde la temperature pour en tenir compte; bien que nioins rigoureux, je pense cej)endant que, 'dans la pratique, ecs deux premiers procedes fournironl avec m\e haute exactitude des resultats ne differantpas de ceux obtenus par la methode generale. A un autre point de \ ue, il est toujours utile et avantageux de deduire les elements cher- chch par des methodes divcrses. Ce second procede est base sur Tobserva- tion (Tun seul couple d'etoiles placees dans le plan de Tecliptique on dans son voisinage. On peut ici operer de deux manieres distinctes : i" limiter

eviter les observations du jour; 2" elendre la M-rie des observations sur

(«3 )

une duree de six mois, et alors, dans ce cas, on evite la determination d'une inconnue figurant dans les equations de condition.

» Soient p Tangle forme par le rayon visuel passant par le centre de Tare des deux etoiles et la direction du mouvement de la Terre, 6 la tem- perature, n la variation en bloc de la distance, produite par une diffe- rence de de temperature, m la variation provoquee dans un jour par les mouvements propres de deux etoiles, a Tangle du double miroir, / le temps ecoule entre les deux observations conjuguees, y la distance angulaire des deux etoiles dans le champ de la lunette, / la lecture faite a un moment donne, k la constante de Taberration. On aura alors, comme nous le verrons plus tard, Teffet de Taberration sur la distance, a un instant quelconque, par la formule ik sin a cos/?. En adoptant a = /p°, angle qui conviendra le plus souvent, on aura / y -+- sftkcosp et, en observant aux epoques ou p oscille entre 4$° et i8o°— 45° i35° (ce qui se passera dans un intervalle de trois mois huit jours; car Tangle p augmente, comme la longitude du Soleil, d'environ par jour), on aura l, = Y-\-\j2k cos/?, U_ = y -f- \jikcospi -t- nb -\-mt. Encombinant, parexemple, deux a deux les equations correspondant kp et kpf~ i8o°— /?, il resultera

(i) l2— l{ = 2\f2kcosp 4- nb-t- mt, (2) L -+- /, = 2y -f- /*6 h- mt;

le facteur 2 \[i cos/? \ ariera de i a 2 pour toutes les valeurs de p comprises entre 45° et 6o,°i8'; les observations combinees faites dans les vingt-cinq premiers et vingt-cinq derniers jours de Tintervalle de trois mois et huit jours feront done connaitre k avec la plus grande exactitude au moyen de Te- quation (1). Les deux facteurs n et m se deduiront avec la meme precision, de Tensemble des observations, a Taide de Tequation (2), ainsi que la constante y dont la determination n'a aucune importance ici. En realite, on pourrait toujours se contenter de la serie d'observations trimestrielles qui fournit toutes les donnees necessaires a Tevaluation rigoureuse des in- connues k, m, n. En faisant usage de ce procede, il est meme permis d'em- prunter aux catalogues, et celasans inconvenient, les mouvements propres des etoiles- dont le role est tout a fait secondaire, leurs valeurs n'interve- nant en moyenne que pour une duree de six semaines, moitie de Tintervalle de toute la periode d'observations. Mais, si Ton veut appliquer a la methode toute la rigueur dont elle est susceptible, on peut eviter la determination de la constante y. Pour atteindre ce but, on observera pendant trois mois, dans la periode qui suit ou precede, celle que nous venons de considerer, et, dans ces conditions, la valeur de p oscillera entre ±45°, et Ton aura ainsi /, = y + v 2kcosp, L y -+- \f2kcospt -h nQ 4- mt. En combinant les

(23)

mesures relatives a p avec celles pour lesquelles p, est environ p, on aura a peu pres /2 / /i9 + mt. En operant de cette maniere, on recon- nait done que les equations, fournissant les inconnues m et n, ne renfer- ment plus y.

» 11 est important de faire remarquer qu'on peut meme rendre les ope- rations completement independantes de la vis mierometrique. En effet, en choisissant un couple d'etoiles placees dans l'equateur, la trace du plan de reflexion coincide avec la direction du mouvement diurne, et, dans ce cas, la distance peut etre egalement mesuree par les passages aux fds horaires.

» Comme on le voit, dans les deux cas considered, on evalue directe- ment la variation de la refraction pour la region du ciel a laquelle se rap- portent les observations, et cette condition exclut l'existence de la plus faible source imaginable d'erreurs systematiques.

» Voici maintenant le principe de la methode generale dans laquelle ni la variation ni la refraction ni la dilatation du miroir n'interviennent. On determine aux diverses epoques, par exemple de mois en mois, lheure siderale / a laquelle la direction du mouvement de la Terre se trouve com- prise dans le plan de l'horizon. En suivant les regies fournies pour la theorie que j'exposerai prochainement, on peut calculer les coordonnees des deux couples d'etoiles, de telle maniere : qu'a un meme instant physique et precisement a l'heure siderale t les quatre astres se trouvent a la meme distance zenithale, et2° qu'un meme cercle de hauteur renferme la direction du mouvement de la Terre et les medianes des deux couples.

» En vertu des conditions geometriques sur lesquelles est base le calcul des coordonnees des quatre etoiles, comme cela sera prouve plus tard, en commencant ta mesure a une epoque fixee d'avance, il arrivera : que les facteurs cos/> et cos/?4 auront des signes contraires pendant la premiere moitie de la periode trimestrielle consideree, et que, dans la seconde moitie, p prendra successivement les valeurs de^,, et reciproquement. On aura, dans ce cas, au moment de la mesure initiale, /, = y -+- ik cos/;, 4 = y, 4- ik cospi et, a la seconde epoque, a un certain instant,

h = y -H ikcospl -f- dr H- mt, (4 y , •+- 'ik cos/? -+- dr-\- mt t,

en designairt par m et mi l'effet des mouvements propres et par dr la va- riation en bloc de la distance produite par la temperature, parle barometre et par la dilatation du miroir. Comme il est facile de le comprendre, la va- leur de dr est identique pour les deux couples d'etoiles, puisqu'on les observe avec le meme miroir, a la meme hauteur et au meme instant. Hen resulte succes*ivemenl

/,- ■/,- 2Jfc(cosp cospA dr mt*=ikcosf-dr-mt.

( H )

ft 4 = 2k(cosp cos/?, ) -h c?r h- m, t = ik cosJ^-f- r/r -+• mi t, ft 4- ft = 2 y -+- 2 k(cosp -4- cos/?, )+«&•+ mi, ft -+- ft = 2y< -+- 2^(cos/? ■+• cos/>, ) -\-dr-\-m{t, (I) (ft - ft) -h (ft - ft) = 4* cos t-t-<(m4 - wt),

(IT) (/, + ft) - (ft + ft) = a(T - y,) -+- l(w - *, ).

» .^etant la difference entre la longitude de la direction du mouvement a l'heure initiale / etla longitude de la direction du mouvement a l'epoque oil Ton observe, le facteur (cos/? cos/?,) est alors egal a cos£, comme je I'etablirai plustard. On petit se rendre compte par l'inspection de la Jig. i des conditions dans lesquelles s'effectue V observation ; on y trouve respec-

E// j^-^"-/ *

tivemeut represente par O l'observateur, par HAH' l'horizon, par OA la direction du mouvement de la Terre a l'epoque initiale t, par OB cette direction a l'instantde I'observation, par BOC —p, par BOC=/?', et enfin par O^r,, O-k,, OtV,, O^r.,, les directions des quatre ravons visuels.

» ^augnientera done d'un degre par jour, comme la longitude du So- leil; 4 cos^variera done, dans six mois, de o a 4 et dans trois mois de o a 3, en commencant au moment oil £ = 4l0>5. Les observations, combi- nces pendant les premiers et derniers vingt-cinq jogrs de l'intervalle tri- mestriel, fourniront ainsi, pour le coefficient de k, une valeur plus forte que l' unite, comprise entre 1 et 3 et, en moyenne, egale a 2.

» L'equation ( I ) permettra ainsi de determiner aver une ri<jueurabsolue

( 35 ) la valeur dc l'inconnuc : ni refraction, ni orrenrs insirumentales, ni pre- cession, ni nutation, ni dilatation dumiroir n'exercent, eneffet, d'influence dans ces conditions. La quantite y y, resterait toujonrs la meme, si les mouvements propres n'existaient pas; lenr effet combine, tel qu'il figure dans 1'equation (I), pcut done etre determine avec precision a l'aide de 1'equation (II). Mais, si, au point de vac des mouvements propres, on veut faire preuve d'une rigueur absolue, on pent deduire l'effet de ces quantites par une methode differente. Pour atteindre ce but, on observe da us la pe- riode trimestrielle qui precede ou suit celle que Ton considere et pendant Iaquelle la valeur de ^oscillera entre et rfc 45°. En combioant les mesures deux a deux relatives a 4- £ et a £, V equation (I) deviendra indepen- dante de £, et Ton aura ainsi (/, l%) ■+■ (/4 /,) = t(m mt). On conclut done ainsi le coefficient m mK independamment de la con- stante (y y,). Voici, en resume, l'esprit de la nouvelle methode.

» On choisit deux couples d'etoilcs de telle maniere que d'une part les quatre etoiles se trouventa un moment donne simultanement a la meme dis- tance zenithale, et, d'autre part, que l'effet del'aberration soit notable sur les deux distances y et y, et de signes contraires. On peut alors comparer, au meme instant physique, les deux grands arcs formes respectivement par deux couples; on aura des lors, a la premiere periode, /, = y, y + ck, c etantun coefficient d'une valeur numerique notable, a la secondeepoque, on obtiendra l,— y, y ck ■+- t(mt m) et, par suite, il resultera

(/, - I) = ich - t(m ~ m{ ), /' -h l% = 2(y ~Tl) H- l{mK - m).

» La comparaison entre y4 et y ayant lieu au meme instant, e'est-a-dire dans les memes conditions physiques, comme il est. facile de s'en rendre compte maintenant, le resultat ainsi acquis est absolument independant de la temperature, du barometre et de la dilatation du miroir. La correc- tion pour les mouvements propres resulte des equations relatives a /' ■+- /".

» Il reste encore a examiner le probleme au point de vue des parallaxes. D'apres tout ce qui precede, les operations se font toujours a 1'epoque ou linfluence de la refraction sur Tare mesure est un minimum, circonstance tres favorable a deux points de vue differents.

» En commencant les mesures une demi-heure avant et en les terrni- nant une demi-heure apres l'instant d'egale hauteur, la variation de la dis- tance provoquee par la refraction ne depassera pas en moyenne o", 5, si les quatre etoiles sont a 45° de hauteur, et i", 5 si leur distance zenithale est Go°. Ces faibles corrections peuvent alors etre empruntees avec une entiere confiance aux Tables de refraction, et ainsi, au lieu d'etre astreint, C. R.. ,887l Semes t re. (T. CIV, V |.) (\

eomme dans la methode ordinaire, a observer les etoiles a un instant donne, on aura le plus sou vent, la facilite de pouvoir consacrer une heure a une heure et demie a Fexecution du travail.

» Le laps de temps rendu par la disponible dans ehaque soiree pent

encore etre utilise dans un autre ordre d'idees. En effet, on ne pointera

pas les deux astres d'une maniere continue pendant une heure ou une

heure et demie; mais il sera preferable de comparer deux a deux les di-

verses faibles etoiles qui accompagnent respectivement les deux astres

principaux. En agissant ainsi, on execute, en realite, les operations qui

permettent d'evaluer Teffet parallactiquedes astres principaux. D'aiileurs,

dans cette methode, la parallaxe des etoiles utilisees est peu sensible, puis-

qu'elle ne peut se manifester qu'avec le quart environ de sa valeur.

» Voici maintenant le resume general des operations a executer :

)> Le moment sideral t, pour lequel la tangente a I'orbite terrestre est

comprise dans le plan de 1' horizon, parcourra successivement, dans le cou-

rant d'une annee, de quatre minutes en quatre minutes environ, le tour

entier du cadran de la pendule. On peut done determiner, pour une de ces

epoques t, la longitude de la direction Iiorizontale du mouvement terrestre.

Au moyen de vingt-quatre longitudes ainsi choisies et relatives, par exemple,

aux 24h successives du temps sideral, on calculera les coordonnees des

etoiles d'apres les indications anterieurement fournies et par des formules

qui seront ulterieurement publiees. A l'aide des Catalogues, on reconnaitra

les belles etoiles realisantles conditions voulues. En procedant a ce travail,

on verra alors paraitre, au-dessus de l'horizon etd'heure en heure, quatre

etoiles a egale hauteur, et l'observation de'ehaque groupQ des quatre astres,

uniquement faite dans la soiree et poursuivie seulement durant trois mois

environ, fournira toute une serie de determinations de l'inconnue. De

1'ensemble des mesures ainsi realisees pendant toute l'annee, on deduira

vingt-quatre valeurs de la constantede Faberration, independantesde toute

erreur instrumentale, de la dilatation du miroir, de la refraction, de la

precession et de la nutation. Les mouvements propres et les parallaxes,

qui n'mtorviennent que pour une duree de six semaines, peuvent etre

evalues rigoureusement ou etre negliges sans inconvenient.

» En derniere analyse, on evalue ainsi directement le phenomene de Taberration loi-meme, sansl'emploi d'une constante physique quelconque. Aucune operation astronomique ne peut donner plus de precision que celle que procure la comparaison de deux belles etoiles voisines, mesurees dans le champ d'un equatorial. Tel est le procede, grace auquel on obtient, basee

BOTANIQUE. Des rapports des Iaticiferes avcc le systeme fibrovasculaire et de I appaieil aquifere des Calophyllum de M. J. V esque ; par M. A. TnficuL.

a J'ai annonce, il y a bien longtemps deja, qu'il existe entre les Iaticiferes et les vaisseaux proprement dits ou les divers elements du systeme fibrovas- culaire, non seulement des points de contact frequents et d'aspectstres varies dans un assez grand nombre de plantes, mais encore des communications par des ouvertures a travers les membranes dans quelqucs vcgetaux \Centro- pogon surinamensis, Lobelia lax iflor a (Comptes rendus, t. LX, p. 8o)|. Les con- tacts avec les vaisseaux proprement dits sont souvent tres etendus, des Iati- ciferes pouvant etre couches a la surface des vaisseaux spiraux, raves ou ponctues sur des espaces plus ou moins considerables. Dans certains cas, le contact a lieu par Fextremite de courtes branches, qui parfois se dilatent un peu a la jonction des deux organes. Frequemment les Iaticiferes, pas- sant de Fecorce dans la moelle en suivant les rayons medullaires, peuvent se trouver contigus au\ \aisseaux et aux fibres ligncuses limitrophes. lis se bifurquent quelquefois, chemin faisant : une branche va dans la moelle, tandis que Fautre s'elend verticalement dans le corps fibrovasculaire. Un iaticifere <M Euphorbia orientalis me donna une fois, dans un rayon mcdul- laire, cinq rameaux,dont je ne puis decrire ici la marche. D'autres fois, des Iaticiferes, entres directement de Fecorce dans le bois, peuvent aussi s'y ramifier. Une coupe radiale de Ylsotoma longiflora m'a presente, sur un espace d'environ un tiers de millimetre, onze branches de trois Iaticiferes partis de Fecorce. Toutes etaient anastomosees entre elles et aucune n'atteignait la moelle. Les trois plus longues de ces branches aboutissaient a un vaisseau ponctue. J'ai trouve un Iaticifere de la <tige de YEuphorbia sylvatica qui, dans la meme coupe radiale a tra\ers le corps ligneux, de- crivait sept sinuositcs superposees simulanl une helice comprimee. Assez frequent dans certaines Euphorbes | E. splendens, orientalis, pilosa, pa- lustris, Esula {Comptes rendus, t. LI, p. 872)], un ialieifere passant horizon- talement de Fecorce dans le bois s'y enfonce plusou moins profondement, fait une courbe, rnonte jusqu'a une certaine hauteur, se courbe de nouveau et revient a Fecorce. Dans ces cas, le Iaticifere petit presenter trois etats differeuts : i°il pent conser\cr le diametre qu'il a dans Fecorce; -±° il peui s'y dilate)' de facon que la |>artie la plus 'large oceupe le milieu de la courbe;

( a8 ) contracter tortement dans la region moyenne et se vider completement dans cette partie.

» Quand un Iaticifere traverse le corps fibrovasculaire {Euphorbia, Lo- beliacees, que j'ai citees ailleurs), un Fait, bien digne dc fixer l'attention des physiologistes, s'est souvent presente : c'est que les cellules des rayons medullaires, les fibres ligneuses et quelquefois lesvaisseaux avec lesquels il etait en contact s'inclinaient a sa surface, de l'exterieur vers l'interieur. Si les fibres ligneuses le touchaient par une extremite, celle-ci etait comme attireevers la moelle, et parfois la partie inferieure des fibres etait couchee sur le Iaticifere (Comptes renclus, t. LX, p. 79 et 80). Dans quelques cas, les fibres ligneuses le touch ant par leur region moyenne etaient plus ou moins courbees en arc, dont la convexite etait tournee vers le centre de la tigc. Quand on a affaire a l'un de ces laticiferes decrivant dans le bois une courbe en fer a cheval, par exemple, les deux extremites se prolon- geant dans l'ecorce, Tune dirigee par en bas, i'autre par en haut, on peut trouver que, sur les deux branches plongees dans le corps ligneux, les cel- lules elementaires du bois (celles des rayons medullaires ou les fibres li- gneuses) sont inclinees dans le meme sens, au-dessus et au-dessous de chaque branche du fer a cheval, c'est-a-dire que la pointe contigue au Iati- cifere est dirigee vers la moelle.

)> D'apres ces divers faits, il semble bien evident qu'il y a dans le Iaticifere une force qui entraine les cellules dans cette direction. Si c'est un courant du sue laiteux qui entraine ainsi les elements du bois, le courant des deux branches converge done vers le milieu de la courbe, vers le milieu du fer a cheval. Pour qu'il y ait un tel afflux du latex assez continu pour agir sur les elements du bois, il faut done que ces elements (cellules, fibres ou vais- seaux) absorbent, aspire nt ce sue ou ses parties constituantes.

» Ne peut-on pas admettre que, si V absorption est moins forte que l'af- flttx, il puisse y avoir dilatation du Iaticifere, au moins dans la jcunesse (ce cas parait rare);